L’herpès et la relation amoureuse
Un nouveau couple - la cinquantaine - se forme grâce à Internet, non sans crainte. Leurs déboires amoureux respectifs, la Toile comme vecteur, la rencontre est-elle faste ?
Ma consultante, délicieusement féminine et intuitive, a eu deux poussées d’herpès en deux mois, peu de temps après son nouveau flirt. Auparavant,
elle avait rompu avec un amant envahissant et craint de rééditer ce genre de relation. Son fils rencontre aussi des soucis de couple. L’herpès est-il le signe d’un rejet de son corps envers son nouvel amoureux ? “Avoir quelqu’un dans la peau” n’équivaut pas à “avoir quelque chose sur la peau” ! Elle attend l’onirocritique de son rêve et de celui de son amant.
Elle rêve que son propre fils de 25 ans s’apprête à étouffer sa compagne lorsqu’un tiers survient.
Lui, rêve qu’il va à l’enterrement de sa fille morte dans un accident de voiture.
La paronomase est possible entre herpès et Hermès (dieu de la “relation”). J’interprète l’herpès comme le désir de “paisser” dans son air : être en paix dans son air(e). Son père l’a laissée orpheline jeune (perd l’s - père laisse), sa mère l’a longtemps asphyxiée.
Le rêve l’alerte afin qu’elle prenne la mesure de l’étouffement qu’elle se fait subir au travers de son harmonisation masculin/féminin et qui est de son seul ressort !
Le cauchemar de son compagnon, lui, indique à la fois le deuil d’un passé mais surtout la renaissance de son devenir. L’accident de la vie a favorisé la rencontre et enterre tout à la fois la vie de garçon et de père. Les relations œdipiennes de chacun doivent mourir pour donner vie à une nouvelle union.
Les cauchemars sont l’augure d’une renaissance du devenir de chacun, et qui ne se fera pas ensemble.
Soana KRISTEN
Psychanalyste onirocriticienne.