Gardasil, des spots de publicité au cinéma pour vendre du vaccin
29-06-2008 - En dépit de ses efforts et de l’aide des officiers fédéraux des États-Unis, le laboratoire Merck n’a pas réussi à imposer son vaccin Gardasil® à toutes les filles de 9 à 26 ans, malgré le lavage de cerveaux infligé à la population.
En outre, les services de santé américains ont refusé d’étendre la commercialisation du Gardasil aux femmes de 26 à 45 ans.
Le laboratoire s’est alors retrouvé sous les feux de nombreux journalistes et médecins qui ont critiqué ses affirmations, le peu de sérieux des études et le manque de recul pour prétendre qu’il évitera des centaines de cancers du col de l’utérus.
Aux États-Unis, l’image du laboratoire a ainsi pris un sérieux coup, ainsi que celle de certains hommes politiques comme Rick Perry. Ce gouverneur républicain du Texas avait donné l’ordre de vacciner toutes les jeunes filles de plus de 11 ans dans son État, au mépris des lois du Texas, des droits et de l’autorité parentale, et de l’éthique qui concerne une maladie uniquement transmissible par le sexe. Il a été attaqué par ses propres partisans, désavoué par les officiers fédéraux et a dû abandonner ce projet.
Aussi, refusant de s’avouer battu alors que GlaxoSmithKline a mis sur le marché le Cervarix®, vaccin rival du Gardasil®, Merck estime qu’il est temps de défendre ses parts d’un marché juteux et de reprendre les choses en main, mais sous une forme plus déguisée.
Aussi, au lieu d’utiliser des arguments scientifiques irrecevables, ou une publicité éhontée qui a choqué praticiens et patients, le laboratoire a trouvé un moyen plus subtil, mais peut-être plus efficace : convaincre les spectateurs de cinéma.
Aussi, le laboratoire a-t-il lancé une grande campagne publicitaire durant tout le mois de juin, dans 26 cinémas à travers les États-Unis. Elle a débuté avec le film Sex and the city, que tout le monde a pu voir à la télévision en série, mais qui arrive à présent sur le grand écran.
Avant d’avoir le droit de regarder le film, les spectateurs sont forcés de subir une avalanche d’informations biaisées.
La campagne s’adresse aux femmes de 19 à 26 ans, mais Merck espère toucher aussi un public plus jeune et il n’a pas caché qu’il compte également tester son vaccin sur les garçons et les jeunes hommes qui peuvent être porteur du virus HPV.
Aussi, la publicité visera-t-elle également l'incroyable Hulk et autre films du même genre. Évidemment, tout ceci va se passer en gardant un œil vigilant sur la réaction de la FDA.
C’est ainsi que le vaccin Gardasil® devrait se vendre au cinéma comme les sodas et les pop-corn. Le laboratoire essayera-t-il d’en faire autant chez nous ? Cela ne serait pas surprenant si la méthode s’avérait efficace.
Comment ose-t-on encore qualifier ce trafic de « science » ou de « médecine » et comment les patients peuvent-ils encore avoir confiance en l’industrie pharmaceutique ?
Sylvie Simon