Jeudi 09 Septembre 2010
N° 131 - Septembre 2010
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Grippe A, les Shadocks n'auraient pas fait mieux !
En cas de pandémie vraie avec beaucoup de cas et de cas graves il est prévu d'interdire les réunions publiques et en particulier les rencontres sportives. Donc les gymnases seront fermés. Tout cela se comprend très bien, la première et principale façon de lutter contre une maladie contagieuse étant de réduire la transmission.

Mais là où on atteint des sommets c'est quand ces mêmes gymnases fermés aux manifestations sportives sont grands ouverts pour accueillir les foules pour les vacciner !

L'expérience a été vécue à Metz le samedi 21 novembre et le journal Le Monde [1] a raconté ce qu'ont vécu les candidats à la vaccination. L'enfer, pendant plus de 4 heures, dans la chaleur et la promiscuité. Il y avait des femmes enceintes, des insuffisants respiratoires, des handicapés, des nourrissons, des personnes âgées. Certains ont cru mourir...

Sans parler de la contagion possible et même très probable de multiples germes dont, pourquoi-pas, la fameuse grippe dont chacun vient pour s'en protéger au risque de l'attraper avant d'avoir pu être immunisé par le vaccin. En risquant, de plus, de superposer non seulement l'injection vaccinale à cette contamination mais aussi d'autres microbes plus ou moins pathogènes.

Les Shadoks n'auraient pas fait mieux.

Indépendamment des questions d'efficacité et d'innocuité c'est la faisabilité de cette campagne de vaccination qui apparaît de plus en plus comme très problématique. Pour boucler la campagne entre le 12 novembre et le 31 janvier il faudrait que 850 000 personnes se présentents chaque jour ouvrable dans les 1060 centres, soit 800 par jour et par centre. A Metz il y en a eu 698 et ce fut beaucoup trop. Mobiliser davantage de médecins et d'infirmières ?

En cas de pandémie vraie ils seraient entièrement occupés à soigner les malades ou malades eux-mêmes. Sans parler des vaccins qui arrivent au compte goutte, des horaires d'ouverture des centres qui ne sont pas annoncés, sauf sur internet et encore. Certains ont fait 30 kilomètres pour se faire vacciner mais sont tombés sur un centre fermé. De retour le lendemain vers 15 heures ils découvrent qu'il était ouvert entre 10 h et 14 h...Voir les couacs de la vaccination [2]
Bernard GUENNEBAUD
24.11.2009



Comme le journal ferme les articles aux non abonnés au bout d'un moment, voici l'article :
A Metz, un centre de vaccination au bord de la crise nerfs
LE MONDE | 23.11.09 | 09h13 • Mis à jour le 23.11.09 | 15h25

Candidats au vaccin au bord de la crise de nerfs… Aménagé dans un palais des sports, le centre de vaccination contre le virus A (H1N1) de la ville de Metz (Moselle) s'est laissé surprendre par l'affluence du public au point de frôler la saturation, samedi 21 novembre.

Devant la longueur des files d'attente, des dizaines de familles ont préféré rebrousser chemin. D'autres, femmes enceintes, handicapés, insuffisants respiratoires, parents et nourrissons, ont dû attendre plus de quatre heures dans une chaleur étouffante avant de recevoir leur injection. Au total, 698 personnes ont finalement pu se faire "piquer" ce jour-là; elles étaient 111 la semaine précédente – le centre messin n'est ouvert que les mercredi et samedi de 12 heures à 20 heures.

"C'est honteux !", peste Odile, venue faire vacciner sa fille atteinte d'une pathologie pulmonaire. "Mon médecin me conseille d'éviter les lieux publics et nous sommes là, depuis des heures, agglutinés comme du bétail. C'est sûr, elle sortira d'ici malade", s'indigne-t-elle.

Son voisin est d'autant plus mécontent que la veille, déjà, il s'était présenté au centre et avait trouvé porte close. Les horaires d'ouverture ne sont pas précisés sur les bons de vaccination, qui mentionnent par ailleurs l'adresse de deux centres alors que le second, prévu en réserve, n'est pas en service pour l'instant. Ce que ne précise pas l'administration.

"BATTRE LE RAPPEL DU SERVICE PUBLIC ET PRIVÉ"

Dans la file d'attente, l'ambiance est électrique. "C'est catastrophique, je n'en peux plus, se lamente André, 72 ans. Je suis venu car je suis asthmatique. Je suis là depuis quatre heures et avec cette chaleur, je vais finir par crever !" Les secouristes font ce qu'ils peuvent mais il y a longtemps que leurs stocks de chaises et de packs d'eau minérale sont épuisés.

"C'est une honte ! A la télé, on nous incite à nous faire vacciner. On s'exécute et regardez le travail !", tempête Peggy, maman d'une petite fille de trois mois. Elle aussi attendra plusieurs heures avant d'accéder aux infirmières.

Philippe est arrivé en fin de journée avec sa femme et ses deux enfants. Après vingt minutes d'attente, et constatant qu'il n'a pas"avancé d'un pouce dans la queue monstrueuse" qui serpente encore le long des barrières anti-émeute, ce jeune père de famille décide de s'en aller: "Les gamins hurlent, il fait une chaleur à mourir. On rentre", suggère-t-il à son épouse.

Il reviendra en début de soirée, mais seul. "Ils m'ont pris car j'étais déjà enregistré. Tous n'ont pas eu cette chance", témoigne-t-il. A 18 h 30, en effet, il était trop tard: deux agents de sécurité s'étaient postés à l'entrée du Palais des sports pour éconduire les nouveaux arrivants, une heure trente avant l'heure de fermeture officielle.

"C'est vrai que nous avons été débordés, admettait dimanche le préfet de Lorraine et de Moselle, Bernard Niquet. Quatre médecins pour 700 personnes, ce n'est pas assez. Il va falloir battre le rappel du service public et privé et, surtout, communiquer davantage sur l'ordre des priorités car ce week-end, de nombreuses personnes qui n'y avaient pas été invitées par l'assurance-maladie ont demandé à se faire vacciner."

"Evidemment, on a pris tout le monde. Pas question de refuser qui que ce soit pour l'instant", précise M. Niquet, qui envisage de mettre en place des créneaux d'ouverture supplémentaires "à condition d'en avoir les moyens". "La bonne nouvelle, c'est que le message de la ministre de la santé a porté : les Français ont compris qu'il fallait se faire vacciner", philosophe-t-il. Avant d'ajouter, dans un soupir: "Il y a quinze jours, on nous reprochait de trop en faire. Aujourd'hui, c'est le contraire…"



[1] http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/11/23/grippe-a-h1n1-a-metz-un-centre-de-vaccination-deborde_1270627_3224.html

[2] http://lci.tf1.fr/science/sante/2009-11/vaccination-grippe-a-h1n1-vos-couacs-5535325.html

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