Action spectaculaire ce jour à Paris d'une vingtaine de militants du Réseau "Sortir du nucléaire"
Une semaine avant le début du Sommet de Copenhague sur le climat, le Réseau « Sortir du nucléaire » a mené une action symbolique ce matin pour dénoncer la tentative du nucléaire d’utiliser la crise climatique pour assurer sa survie. Une vingtaine de militants ont ainsi "masqué" (au moyen de masques de protection contre les irradiations radioactifs) une dizaine de statues dans le jardin des Tuileries pour dénoncer le danger de cette industrie, mais aussi pour rappeler qu’en réalité le nucléaire entrave la lutte contre le changement climatique en masquant les vraies solutions. Y recourir dans cette lutte serait donc parfaitement contreproductif.
Lors du Sommet de Copenhague, les décideurs ont non seulement le devoir de parvenir à un accord ambitieux sur le climat, mais aussi de refuser les « fausses bonnes solutions ». Or, lors de la session de négociations à Bangkok au mois d’octobre 2009, le nucléaire, pourtant exclu à juste titre des mécanismes du Protocole de Kyoto, a refait surface.
De nombreux pays, dont la France, souhaitent en effet que cette source d’énergie puisse être reconnue à Copenhague comme une solution au changement climatique. Si le prochain accord climatique accorde une place au nucléaire, certains Etats pourraient « s'acquitter » de leurs objectifs de réduction d'émission en vendant des réacteurs aux pays en développement ; ils éviteraient ainsi la remise en question de leurs modes de production et de consommation, pourtant à l'orgine du problème climatique.
L’action de ce matin s’inscrit dans le cadre de la campagne citoyenne internationale « Don’t nuke the climate ! » coordonnée par le Réseau « Sortir du nucléaire ». Cette campagne rassemble aujourd’hui plus de 330 organisations dans 45 pays, qui refusent le nucléaire comme « solution » au changement climatique.
Les organisations écologistes françaises [1] dénoncent en particulier l’égoïsme de la position française, qui privilégie les intérêts de la seule industrie nucléaire, au détriment de l’intérêt général. Si le nucléaire devenait éligible aux financements par ce biais, l’industrie nucléaire trouverait ainsi une source majeure de subventions publiques.
Le nucléaire est pourtant trop dangereux (déchets, accidents, prolifération…), trop lent face à l'urgence climatique (10 ans pour construire un réacteur) trop coûteux et inapproprié pour le développement du Sud. Si cette technologie était incluse dans le nouvel accord climatique, elle priverait de financement les vraies solutions que sont notamment l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables. Recourir au nucléaire, c’est donc condamner à l’échec la lutte contre le changement climatique.
Philippe BROUSSE
28.11.2009
[1] Parmi les organisations françaises partenaires de la campagne "Don't nuke the climate" :
Le Réseau Action Climat, France Nature Environnement, Greenpeace, Les Amis de la Terre, ATTAC, La Confédération paysanne, Agir pour l’Environnement, Cap 21, Solidaires, SUD-Etudiant, Fac Verte, Nature et Progrès, Biocoop, Enercoop, Action Consommation, Centre National d’Information Indépendante sur les Déchets (CNIID), Association pour le Contrat Mondial de l’Eau (ACME), Fondation pour une Terre humaine.
Signez la pétition :
http://www.dont-nuke-the-climate.org